changement de régime

À la fin d’une campagne électorale, on promet beaucoup. Et l’on prend, plus ou moins, le temps de répondre aux interpellations de ce qu’il est convenu d’appeler la société civile. Dans le monde motard, FFMC, FFM et CODEVER ont fait copie commune, et posé aux candidats une série de questions. La manière dont leurs équipes ont répondu, parfois de façon lapidaire, parfois, comme pour le Parti Socialiste ou le Front de Gauche, de manière bien plus élaborée, constitue à elle seule un enseignement. Mais le caractère convenu de l’exercice laisse supposer que les réponses ne font pas toujours preuve de la plus complète franchise. Aussi est-il intéressant de chercher des informations à une autre source. Ainsi ont procédé Les Échos, un journal dont l’attachement à la moto en général et à une marque en particulier n’est plus à démontrer, en demandant à Roland Ries, en charge des problèmes de transports dans l’équipe du favori des sondages, de dévoiler ce que pourrait être un programme socialiste de sécurité routière.

Ceux qui attendaient un bouleversement risquent d’être cruellement déçus. Roland Ries plaide pour la normalisation de la vitesse sur certains tronçons dangereux, où celle-ci serait réduite à 70 km/h, pour le maintien du permis à points et de la sanction des petites infractions, pour le renforcement du contrôle technique, et souhaite accroître la surveillance des jeunes conducteurs jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans. Roland Ries, 67 ans, agrégé de lettres modernes, est sénateur et maire de Strasbourg, capitale française du vélo ; un petit coup d’œil sur les articles consacrés au transport sur son site montre à quel point les utilisateurs de deux-roues motorisés figurent au cœur de ses préoccupations.

Si l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République en mai 1981 a entraîné assez rapidement la réalisation d’une de ses promesses de campagne rien, dans un premier temps, n’a changé en matière de sécurité routière. Réuni sous la présidence du Premier Ministre d’alors, Pierre Mauroy, le premier Comité interministériel de sécurité routière de la nouvelle législature, en décembre 1981, en confirmant dans ses fonctions le Délégué d’alors, Christian Gérondeau, a marqué son intention de ne rien changer. Il a fallu plusieurs courriers adressés au ministre de l’Intérieur par le porte-parole de la FFMC, Jean-Marc Maldonado, menaçant, avec sa virulence coutumière, de remettre les motards dans la rue, pour que les choses changent, que la première concertation s’ouvre en avril 1982 et que le poste de Délégué à la sécurité routière soit confié à Pierre Mayet, avec lequel s’ouvrira alors une période de lune de miel qui n’a pas connu d’équivalent depuis. Il semble bien, pour l’heure, que l’histoire tende à se répéter.